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Annulation et report : Entrée dans la ronde

Catégorie d’Évènement:
Du 20 mars 2020
au 1 juin 2020
Au Château de Monbazillac à Monbazillac

À partir de 2020, une série d’expositions se déploieront en Nouvelle-Aquitaine, dédiées à une exploration des enjeux liés à l’exposition et la (re)lecture des œuvres d’artistes femmes, qu’elles soient contemporaines ou d’époques antérieures, mais aussi à la question de la représentation des femmes dans l’art. L’enjeu de cette programmation à l’échelle régionale, constituée d’une multiplicité de projets, n’est pas de faire des femmes un sujet « à part » ou d’essentialiser leur relation à la production artistique, mais d’observer et d’apprécier, à leurs côtés, leur rôle dans l’histoire de l’art. Dans le cadre de « Vivantes ! », co-écriture consacrée à la place des femmes dans l’art et son histoire, à l’initiative du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA (2020-2022)

Inspirée par l’œuvre polysémique La Ronde à l’intérieur de Sophie Lamm, l’exposition se développe en trois temps et invite le visiteur à pénétrer dans un monde imaginaire, lié à l’enfance et peuplé de créatures aussi étranges que mystérieuses. Deshecha (fade to pink)de Pia Camil en constitue son prologue, à l’image d’un rideau de théâtre qui s’ouvre sur le premier acte de la représentation.

Acte 1 : Fabularium

Personnage venant à la rencontre du visiteur, un enfant déguisé en ange pose sous le regard de Gundula Schulze Eldowy. Son costume et son attitude contrastent d’autant plus avec le décor morne et défraichi qui l’entoure. Il fait face à Let’s Me Knife, Knife Me Lets, I Will Get What I Like de Stéphanie Cherpin, structure noire, presque monstrueuse, qui semble, dans un mouvement progressif, envahir la première salle de l’exposition. L’imaginaire évoqué ici est d’autant plus prégnant grâce à Wandererde Caroline Achaintre, masque aux yeux ronds, haussant légèrement les sourcils, tout étonné d’être là. Les acteurs grimaçant de Situation Comedyde Suzanne Lafont renforcent cette idée de la farce, du grotesque, à la fois amusant et inquiétant. L’œuvrefait autant référence à l’univers du cinéma, du théâtre qu’à celui de la performance, révélant qu’il existe « plusieurs mondes possibles dans une image », comme le précise l’artiste. Fil rouge conceptuel et physique de l’exposition, telles des didascalies ponctuant l’ensemble du parcours de l’exposition, La Ronde à l’intérieur fait alors son entrée. L’œuvre fait allusion au monde du cirque mais aussi au corps-machine. Ses éléments aux couleurs ternes et acidulées amorcent une chorégraphie où pieds et maillons se soutiennent, s’enchaînent et se repoussent tout à la fois.

Acte 2 :  La Mécanique du mécano

La Ronde à l’intérieur poursuit sa pantomime ludique au cours du deuxième acte, qui met en lumière son aspect modulaire. Elle dialogue avec Chute d’yeux, peinture de Sophie Lamm où, dans un mouvement descendant, des globes oculaires sont inextricablement entrainés vers le sol. Extrêmement construite, la matière picturale est organisée en strates, à l’image de Flag #3 d’Estelle Deschamp. L’artiste utilise des matériaux de chantier qu’elle agence en lignes obliques, offrant une coupe sédimentaire de notre époque. Tabou II de Farah Atassi complète ce répertoire dédié aux jeux de construction, où de petits volumes géométriques colorés occupent le bas du tableau.

Acte 3 : Tableau-monde

Scène finale dans la tourelle. La Ronde à l’intérieur prend toute son ampleur et se déploie au sol et au mur, sur des plaques d’acier. Réminiscence de parcs à thème, fêtes foraines ou de labyrinthes, l’œuvre évoque, dans un tableau global composé de multiples scénettes, le monde du spectacle et de la distraction pour mieux en révéler ses revers et la part d’aliénation.

Avec les œuvres de Caroline Achaintre, Farah Atassi, Sylvie Auvray, Pia Camila, Stéphanie Cherpin, Estelle Deschamp, Suzanne Lafont, Sophie Lamm, Gundula Schulze Eldowy