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PROCHAINEMENT – Chambres, ghosts & digitales

Donna Gottschalk, « Untitled », 1969, Collection Frac MÉCA

Chambres, ghosts & digitales

 

Exposition du 7 février au 30 août 2026
Ouverture du mercredi au dimanche de 13h à 18h (dernière entrée à 17h30)

Quand Virginia Woolf se penche sur les facteurs qui ont empêché l’accès des femmes à la production littéraire, elle clame dès 1928 la nécessité d’une chambre à soi[1] et d’une indépendance financière pour que s’exerce la création. Au milieu des années 1990, alors que Guillaume Dustan, fait rentrer les lecteur·ices dans sa chambre[2], faisant le récit de sa sexualité comme d’une pratique culturelle et politique, une génération d’adolescent·es, celle de la Bedroom Culture, celle qui se relie au monde depuis sa chambre via Internet, amorce une auto-éducation à l’image avec des jeux vidéo (en ligne), des proto-réseaux sociaux, des chaînes vidéos et d’autres plateformes d’échanges. La chambre et son écran connecté deviennent alors poreux à la virtualité en multipliant les accès aux mondes digitaux.

Avec l’arrivée des médias, de la télévision, du téléphone, d’Internet, de l’ordinateur portable, du smartphone, la chambre à coucher n’est plus seulement un lieu privé dédié au sommeil, et au rêve, elle devient un espace de communication, de production et de consommation. Les technologies finissent de dissoudre les frontières entre les sphères privée et publique, entre la vie réelle et virtuelle. On navigue, on lit, on écrit, on travaille, on chat, on achète, on email, on stream, on zoom, on s’émeut, on joue en réseau, on existe dans le cyberespace, depuis son lit. On est là et pas là en même temps, où qu’on soit, où qu’on aille. On élargit l’expérience de la virtualité. L’expérience de ce qui n’existe pas de manière matérielle, mais de ce qui est actif, de ce qui a un effet sur le réel, sur le monde physique, grâce à un support technique, mental ou psychique. Le cyberspace et le rêve ne sont-ils pas peuplés de créatures digitales, d’existences variables, de fantômes avec qui agir, converser, œuvrer, aimer, gouverner ?

D’une chambre à soi à la Bedroom Culture, en passant par le rêve et le cyberespace, cette exposition collective explore notre rapport à la virtualité, où se tisse un réseau de subjectivités et de désirs, et réunit des œuvres et des artistes qui naviguent avec fluidité entre ces différents mondes.

Exposition collective du samedi 7 février au dimanche 30 août 2026, sur un commissariat d’Elfi Turpin, réunissant les œuvres d’Assya Agbere, Absalon, Heidi Bucher, Marinette Cueco, Lou Fauroux, Dominique Gonzalez-Foerster, Donna Gottschalk, Konstantinos Kyriakopoulos, Laura Lamiel, Seulgi Lee, Lori, Ash Love, Nathalie Magnan, Beatriz Santiago Muñoz, Nam June Paik, Rosemarie Trockel, Madame Zo.

[1] Publié en octobre 1929, A Room of One’s Own (traduit en français par Une chambre à soi ou encore Un lieu à soi), est un essai de Virginia Woolf qui reprend et augmente une conférence qu’elle a donnée l’année précédente à Cambridge, plaidant  la cause des femmes et de la littérature.
[2] Dans ma chambre, Paris, POL, 1996.

 

 

Vernissage public de l’exposition vendredi 6 février 2026 à 18h – Entrée libre, en savoir plus.

Exposition du 7 février au 30 août 2026
Ouverture du mercredi au dimanche de 13h à 18h (dernière entrée à 17h30)

QUI : Tous publics
OÙ : Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, 5 Parvis Corto Maltese,
33 800 Bordeaux
TARIFS : Contribution libre à partir de 2€ (infos tarifs)

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