Présentation de la collection
Jugée comme l’une des plus belles collection publiques d’art contemporain, elle rassemble plus de 1 600 œuvres, tous médiums confondus, émanant d’artistes français et étrangers. Ce fonds s’est constitué en 1983 autour d’un ensemble photographique remarquable « rejouant » une histoire de la photographie du XXe siècle (Diane Arbus, Henri Cartier-Bresson, Larry Clark, Raymond Depardon, Walker Evans…). Il s’est ouvert dès 1986 à un art international (John Armleder, Katharina Fritsch, Cindy Sherman, Roman Opalka, Jeff Wall, Tatiana Trouvé, Jeff Koons…) et s’est enrichi d’œuvres témoignant d’une veine néo burlesque ou d’inspiration Dada (Robert Filliou, Arnaud Labelle-Rojoux…) à forte dimension sociale et politique (Allora & Calzadilla, Thomas Hirschhorn…).
Les jeunes artistes
À partir de 2007, de nouvelles impulsions sont données à la collection. Place est davantage faite aux artistes français émergents. Ils se nomment Florence Doléac, Bertrand Dezoteux, Chantal Raguet, Bertille Bak, Raphaël Zarka… Certaines oeuvres ont fait l’objet d’une aide à la production et d’un accompagnement spécifique par le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA en vue d’expositions ; c’est le cas de Benoît Maire, Muriel Rodolosse, Olivier Vadrot ou encore du travail photographique de Maitetxu Etcheverria sur les îles de l’estuaire de la Gironde.
L’Afrique
Aujourd’hui, l’objectif est de mettre en cohérence ce qui a été développé précédemment pour mieux l’ouvrir progressivement à de nouveaux horizons. Une des voies nouvelles découle d’une prise de conscience : l’absence des artistes d’Afrique, alors que l’ex-Aquitaine, et plus particulièrement Bordeaux, partagent avec le continent voisin une longue histoire. Ne figurait à l’inventaire qu’un seul Africain, le Marocain Touhami Ennadre. Les artistes Omar Victor Diop, Amadou Sanogo, Sory Sanlé, Zanele Muholi ont rejoint récemment la collection, et ce n’est qu’un début.
Les enjeux sociétaux
Beaucoup des interrogations lancinantes de notre époque qu’elles soient politiques, sociales, ou esthétiques, sont lisibles dans la collection : l’humanité augmentée, la bombe à retardement écologique, la crise du travail, les problèmes d’identité, les questions migratoires… Comment résumer cette collection ? Peut-être faut-il en évoquer l’esprit. Généraliste, exigeant et fondamentalement libre. Cette collection n’a cessé de s’oxygéner en sachant exercer son travail d’observation sur l’art, sans préméditation ou presque. Ainsi ses axes ne se réduisent pas à ceux décrits : ils sont innombrables, si l’on veut bien admettre l’équivocité des œuvres.