Ils travaillent sur le chantier de la MÉCA, projet initié et financé par la Région Nouvelle-Aquitaine associée à l’État. Certains d’entre eux ont commencé en 2016 au démarrage de cette aventure hors norme. D’autres ont eu ou auront des missions plus courtes selon leur corps de métier. Mais toutes et tous y ont pris part d’une manière ou d’une autre ou travaillent toujours à son avancée. Chaque mois, dans la newsletter du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, retrouvez le portrait d’un.e intervenant.e clé du chantier de la MÉCA. Merci à Ivan Mata, architecte associé à FREAKS, et auteur de chacune des photographies.
Nicolas, coffreur bancheur sur le chantier de la MÉCA, est issu d’une famille d’artisans maçons. Il est salarié chez GTM Bâtiment Aquitaine (filiale de VINCI Construction France) depuis l’âge de 18 ans. « Je suis arrivé sur le chantier de la MÉCA, le 1er août 2016. J’ai connu des nuits agitées tellement le challenge du lendemain me préoccupait. Pendant l’exécution des deux piles de la MÉCA, je devais assurer la fermeture des voiles et inspecter tous les détails des armatures des coffrages pour qu’il n’y ait aucune marque au décoffrage sur les parements. J’étais principalement sur la pile de l’OARA, tandis que deux de mes collègues étaient sur celle d’ALCA. À cette étape du chantier, nous étions 8 coffreurs bancheurs. Les particularités ont été l’utilisation d’un béton autoplaçant (un béton qui ne fait pas de cadeau), l’alignement au millimètre des coffrages, un ferraillage complexe. Ce chantier m’a fait grandir. Il m’a permis de voir quelles sont mes compétences. Tout le monde est très impliqué dans la réalisation de ce bâtiment. Je suis fier d’y participer. Ma mission prendra fin en juillet 2018. »
Armando, salarié chez GTM Bâtiment Aquitaine (filiale de VINCI Construction France), est assembleur de structures métalliques sur le chantier de la MÉCA. « Je suis arrivé le 13 août 2017 et mon contrat se termine juste. C’est tout frais. Le chantier de la MÉCA demande beaucoup d’exigence et le degré de difficulté est élevé. J’y ai eu plusieurs fonctions : assembleur de structures métalliques, manœuvre, serrurier, chef d’équipe… Je travaille dans ce domaine depuis 17 ans. J’ai dû faire appel à toute mon expérience, à la fois pour transmettre mon savoir dans les meilleures conditions aux compagnons avec qui je travaillais et pour faire face au défi que représente cette charpente métallique et cette structure béton. Sur le chantier de la MÉCA, j’ai appris des choses tous les jours, mais je garderai surtout le souvenir des relations humbles et constructives entre la direction, les architectes et les ouvriers. C’était un vrai défi ce chantier. J’y ai pris un réel plaisir. »
Dalila Chikhi, architecte urbaniste de formation et ingénieure territoriale depuis une vingtaine d’années, est rattachée depuis février 2008 au service Direction Construction et Immobilier de la Région Nouvelle-Aquitaine, site Bordeaux. Elle travaille sur le projet de la MÉCA depuis juillet 2008. « Ma mission principale est de piloter l’opération depuis les études de programmation, l’organisation du concours de maîtrise d’œuvre, le suivi des différentes phases du projet, la construction… jusqu’à la réception du bâtiment. Je dois veiller au respect du planning prévisionnel et de l’enveloppe financière. Mon rôle est aussi d’assurer le lien entre les différents intervenants du projet qui sont très nombreux. Sur le chantier je suis en relation principalement avec la maîtrise d’œuvre (architectes et bureaux d’études), mais je rencontre également les entreprises, le bureau de contrôle, le coordonnateur SPS (sécurité prévention santé), l’assistante à maîtrise d’ouvrage missionnée pour veiller à la qualité environnementale du chantier… Parmi les moments forts du projet, je retiens la phase concours où plus de 152 équipes de maîtrise d’œuvre avaient candidaté dont quelques-unes prestigieuses. Je retiens aussi le 1er coup de pioche, le 2 mai 2016, enfin le chantier démarrait ! Le coulage d’un voile en béton par le président de Région Alain Rousset et l’architecte Bjarke Ingels le 2 février 2017 et le montage spectaculaire de 2 premières poutres de la charpente métallique pesant plus de 36 tonnes chacune le 21 Juillet 2017 ! »
Clémentine Rivoalen, salariée chez GTM Bâtiment Aquitaine (filiale de VINCI Construction France) est conductrice de travaux sur le chantier de la MÉCA. Photo Iván Mata. « J’ai intégré l’équipe du chantier il y a 2 ans, lors du démarrage des travaux. Ma mission devrait prendre fin lors de la livraison en fin d’année. Mon rôle est d’assurer la préparation, le suivi et la réalisation des travaux du gros œuvre. Mes principales préoccupations sont de veiller au respect du planning, à la sécurité de nos équipes, à la qualité du travail réalisé, et cela pour chacune des étapes du processus de construction. Sur le projet, je travaille en collaboration permanente avec Guillaume, conducteur de travaux principal, ainsi que Yann et Éric, chefs de chantier. L’échange avec l’ensemble des compagnons tient également une place très importante pour notre travail d’équipe. Bien qu’il s’agisse de ma première expérience en gros œuvre, je réalise que la MÉCA est un chantier hors du commun. Il s’agit d’un ouvrage privilégié illustrant notre savoir-faire en mettant en lumière le béton. Ce matériau, souvent mal aimé, prend ici une tout autre dimension ; révélé au grand jour, il apporte au projet toute sa notoriété. L’ouvrage m’a permis de l’apprécier sous toutes ses formes que ce soit d’un point de vue technique ou esthétique : banché, préfabriqué, gris, sablé, noir, post contraint, précontraint, blanc et même quartzé ! »
Édouard Archambault est apprenti électricien pour l’entreprise néo aquitaine Ciméa. Il travaille sur le chantier de la MÉCA depuis novembre 2016. « Je devrais suivre le chantier de la MÉCA jusqu’à sa livraison. Nous sommes 6 électriciens et je suis le seul apprenti. Mon travail consiste à tirer les câbles, raccorder les boîtes de dérivation et les tableaux électriques, et à m’occuper de la pose des luminaires. C’est mon premier chantier de cette importance et ce qui le distingue des autres, c’est le bon entretien du site, l’attention accordée à la sécurité des ouvriers et la bonne ambiance qui règne entre les différents corps de métiers. Ce qui m’a le plus marqué, c’est un repas organisé sur le toit de la MÉCA avec toutes les personnes du chantier pour fêter la pose de la dernière banche (Panneau de coffrage utilisé pour la réalisation des voiles en béton armé). »
Jean Lamote est chef de chantier en génie climatique pour l’entreprise néo-aquitaine Tunzini. Il travaille sur le chantier de la MÉCA depuis le 17 avril 2017. « Ma mission consiste à diriger nos sous-traitants, notamment, pour la réalisation des réseaux hydrauliques et aérauliques (gaines de ventilation), ainsi que nos équipes internes présentes sur le site. La plus grande particularité du chantier de la MÉCA vient de son architecture très atypique. Nous avons des réseaux qui passent dans des endroits extrêmement étriqués, difficile d’accès, ou à des hauteurs importantes, nécessitant une nacelle pouvant atteindre jusqu’à 40 mètres, pour la mise en place, par exemple, des réseaux de désenfumage de la salle d’exposition du Frac Aquitaine. Je garderai plusieurs souvenirs de ce chantier : d’abord, je reviens dessus, son architecture qui le distingue vraiment des autres et la fois où je suis monté à 30 mètres dans une nacelle, une première en 17 ans de métier ! Je garderai aussi en souvenir la satisfaction d’avoir participé à la réalisation d’un tel ouvrage en Nouvelle-Aquitaine. Un sentiment, je crois, partagé par la plupart de mes collaborateurs. »
Éric Poulain est chef d’équipe plâtrier, plaquiste pour l’entreprise Alphabat installée à Saucats en Gironde. Il travaille sur le chantier de la MÉCA depuis septembre 2017. « Ma mission consiste à m’occuper du cloisonnement et des doublages plâtrerie au sein de la MÉCA. En ce moment, nous nous occupons de séparer l’espace régie de celui du public au sein du futur auditorium du Frac Aquitaine installé au 6e étage. Je suis le seul chef d’équipe ayant cette spécialité. C’est un chantier prestigieux, hors du commun, si l’on considère son architecture, les surfaces et les hauteurs parfois importantes sous plafond pouvant atteindre jusqu’à 8 mètres, notamment au niveau du plateau d’exposition du Frac au 5e étage. Nous travaillons avec des échafaudages et des nacelles. Ce sera l’une de mes plus belles réalisations. »
Sarah Mauquié est chargée d’affaires pour l’entreprise française També Cems. Elle travaille sur le chantier de la MÉCA depuis août 2017. « Nous installons la serrurerie et la machinerie scénique. Cela englobe des prestations assez larges sur le chantier : montage des équipements par nos monteurs, intervention de sous-traitants pour la parqueterie, et une partie de mise en service et de test importante, car l’ensemble de la machinerie est pilotée par automate. Mon rôle est de coordonner ces différentes phases, de faire le lien avec notre bureau d’étude en interne, avec la maîtrise d’œuvre, les autres corps d’état et le scénographe qui détermine les positionnements des équipements de notre lot. Le chantier de la MÉCA est important et s’étale sur une grande durée. C’est le premier de cette taille pour moi. Sa plus grande particularité pour ce qui nous concerne est l’installation de treuils de grande taille et d’un nouveau système de pilotage pour les porteuses (équipement portant les décors, les projecteurs, etc.). Si je devais garder un souvenir de ce chantier ce serait les bonnes relations nouées avec la maîtrise d’œuvre et les différents intervenants croisés sur le site. Sur le plan architectural, la façade m’impressionne avec toutes ces fenêtres. J’aimais bien quand elles étaient bleues. »
Romaric Chevalier est bardeur-couvreur pour l’entreprise Cobarec installée à Mérignac. Il travaille sur le chantier de la MÉCA depuis octobre 2017. « Notre mission est de réaliser toute l’isolation thermique de la Méca par l’extérieur, autrement dit, isoler les murs et assurer l’étanchéité de ces derniers grâce à un pare-pluie. Nous nous occupons de l’étanchéité des différentes terrasses et des rampes d’accès. Nous réalisons également toute la couverture chaude du bâtiment ainsi que la couverture perforée, l’isolation et l’habillage intérieur des différents locaux techniques aux 5e et 6e étages, l’habillage en barreaudage aluminium de la grande terrasse au 5e étage, des entrées nord, sud et les façades d’accès logistique. La technicité du chantier de la MÉCA en fait à mes yeux sa plus grande particularité. La fabrication d’un bardage hors du commun et sa pose nous ont demandé une grande précision d’exécution. Le souvenir que je garderai est sans doute nos ouvrages exceptionnels, mais surtout une très bonne entente avec les autres corps d’état présents sur ce chantier. »
Paule Rouquette est architecte d’opération sur le chantier de la MÉCA. Elle a fondé son agence à Bordeaux en 1999 avec Catherine Lafoucarde. Elle travaille sur le projet de la MÉCA depuis 2016, dès la parution des premiers marchés publics de travaux attribués aux entreprises. « Ma mission est d’assurer la direction du chantier de la MÉCA pour l’exécution des travaux. Mon travail a démarré à la conception du projet et se terminera une année après la réception des travaux, car il faudra en assurer le parfait achèvement. C’est une expérience nouvelle de suivre le chantier d’un projet que nous n’avons pas conçu. J’ai conscience de participer à une aventure hors du commun par son importance et sa complexité ; nous ressentons une certaine fierté d’apporter notre expérience à un projet de cette valeur. C’est un travail de tous les jours, avec les entreprises, de faire que la réalisation soit à la hauteur de la conception et que chaque détail respecte les volontés des architectes. C’est aussi un bâtiment d’une grande complexité par sa structure, sa géométrie, qui fait appel à beaucoup de technicité et de savoir-faire pour sa réalisation. Je me souviendrai des débats et des discussions passionnés. Mais aussi d’avoir fait partie d’une équipe et d’avoir œuvré avec enthousiasme tout au long du chantier. Je crois qu’il aura, une fois terminé, une grande évidence et une force qui feront de la MÉCA un bâtiment qui compte, qui rayonne au-delà de la région Nouvelle-Aquitaine. Que la complexité de sa réalisation sera oubliée au profit de la simplicité de sa forme finale. J’aime aussi la richesse des espaces qu’il propose, sa relation à la ville, à la Garonne et la prise en compte de la dimension humaine dans sa conception ; je sais que visiteur, usager ou simple passant y vivront bien. »
Laurent Lefèvre est pilote OPC (Ordonnancement Pilotage Coordination) pour la société CRX Ouest à Limoges (Groupe CRX). Il travaille sur le projet de la MÉCA depuis avril 2016. « Notre mission consiste à organiser et planifier les travaux de l’ensemble des corps d’état et d’assurer le respect des délais par les différents intervenants. Elle se terminera après la réception des travaux, lorsque les réserves émises par la maîtrise d’œuvre seront levées. Sur les différents chantiers où nous intervenons, nous devons gérer l’organisation des travaux en fonction des aléas et des modes opératoires spécifiques à chaque corps de métier du bâtiment. Pour la MÉCA, la particularité se trouve dans les interventions liées aux entreprises de scénographie ainsi que sur la salle de répétition de l’OARA nécessitant un suivi particulier sur l’acoustique et les organes techniques. Le souvenir que je garderai de ce chantier est la mise en place par deux grues simultanées du premier élément de charpente reliant les piles d’OARA et d’ALCA. Quant à l’architecture de la MÉCA, ce sont ses variations de volumes intérieurs d’un niveau à l’autre ainsi que la chambre urbaine avec sa vêture béton qui me marquent le plus. »
Dominique Duchamps est directeur de travaux pour la société néo-aquitaine Legendre et Lureau spécialisée en menuiserie générale du bâtiment. Il travaille sur le projet de la MÉCA depuis juin 2016. « Nous travaillons sur le lot de menuiseries intérieures et l’agencement. Nous réalisons toutes les portes, les châssis intérieurs, les habillages muraux acoustiques des salles de l’OARA, du studio de création, de celles du Frac Aquitaine et de la salle de projection d’ALCA. Il est également prévu que nous réalisions le mobilier des salles d’attente et de l’accueil. Le projet de la MÉCA mobilise 2 personnes au sein de notre bureau d’études, 5 compagnons en atelier et 6 autres sur le chantier. Les particularités de ce bâtiment sont essentiellement liées à la minutie apportée aux détails, même si nous avons l’habitude de traiter les détails sur tous nos chantiers. Je garderai le souvenir de la gentillesse des membres de l’équipe de la maîtrise d’œuvre. L’architecture du bâtiment est impressionnante. C’est une œuvre d’art qui marquera de son empreinte la métropole bordelaise. »
Armindo Machado est maçon-coffreur pour la société néo-aquitaine GTM Bâtiment Aquitaine. Il travaille sur le chantier de la MÉCA depuis septembre 2016. « Depuis mon arrivée sur le chantier de la MÉCA, j’ai participé à l’édification des murs extérieurs et intérieurs du bâtiment, à la réalisation de plusieurs dalles en béton, en particulier celles du rez-de-chaussée, du 3e étage et du 4e étage où se trouvent les réserves de la collection du Frac Aquitaine. En ce moment, nous nous occupons également de la pose des panneaux en façade de la MÉCA. Cette opération est une première pour nous. Le procédé de fixation est totalement nouveau. Les panneaux les plus lourds pèsent 1,6 tonnes. Pour les fixer, nous utilisons la nacelle, le point le plus haut culminant à 37 mètres au-dessus du sol. La météo est déterminante. Elle décide pour nous des jours où nous pouvons travailler. Actuellement, nous sommes environs une dizaine de maçons sur le chantier, dont une partie est réquisitionnée sur les rampes d’accès au bâtiment. J’aurais beaucoup appris ici. Je suis content de découvrir les chantiers quasiment achevés du rez-de-chaussée ou encore de l’auditorium du Frac au 6e étage. C’est vraiment très réussi. Tout comme le design général de la MÉCA. Ma mission devrait se terminer ce mois-ci.
Frédéric Vilcocq est conseiller culture et économie créative auprès d’Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine, et chef du projet MÉCA. Il travaille sur le chantier de la MÉCA depuis mai 2016. « J’ai suivi la MÉCA depuis son origine, c’est à dire dès les premières discussions entre Alain Rousset et Jacques Rigaud, président du Frac Aquitaine, en 2006, pour investir un nouveau lieu plus adapté aux missions du Frac et à la conservation de la collection. J’ai ensuite coordonné l’ensemble du processus du choix de l’implantation, de l’étude de programmation avec la définition d’un projet incluant le Frac et les agences culturelles OARA et ÉCLA (ALCA aujourd’hui), du concours d’architecture et bien évidemment des travaux en tant que tels. Cette mission de coordination comporte notamment les relations institutionnelles avec l’établissement public d’aménagement Bordeaux-Euratlantique, Bordeaux Métropole, les équipes de la maîtrise d’œuvre avec BIG, et notre mandataire Bordeaux Métropole Aménagement. C’est mon premier chantier, le premier d’une Région qui construit des lycées, des bâtiments universitaires. La MÉCA a cela de singulier qu’elle est le premier bâtiment culturel propriété de la Région. Elle incarne une ambition culturelle forte, un outil innovant au service des artistes et des filières créatives. C’est un lieu d’expérimentation où la liberté de création est revendiquée et garantie. Je garderai le souvenir d’une aventure humaine intense lancée en 2007, avec les soubresauts inhérents à un projet aussi emblématique pour la Nouvelle-Aquitaine. Ce qui m’étonne encore aujourd’hui, c’est la capacité de Bjarke Ingels à avoir parfaitement traduit la gestion de flux complexes dans un bâtiment accueillant trois outils culturels aux esthétiques multiples, des professionnels des filières créatives et des espaces dédiés au public, notamment avec les rampes qui dessinent une boucle et forment une promenade urbaine traversant la MÉCA. »
Ce site utilise des cookies pour vous assurer la meilleure expérience utilisateur possible.Ok(En savoir plus)