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#Jour1-? Le monde vu par ma fenêtre

Catégorie d’Évènement:
Du 15 mars 2020
au 15 juin 2020
Sur la toile

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#JOUR3 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Les vidéos fleurissent depuis quelques jours sur la toile montrant, en cette période de confinement, les Italiens, les Espagnols et aujourd’hui les Français improviser des scènes de chants collectifs sur leur balcon ou à leur fenêtre. Une manière émouvante et solidaire de partager et de rompre l’isolement. Mais saviez-vous que la fenêtre jalonne l’histoire de l’art ? Du XVe siècle à aujourd’hui, elle a été et reste pour les artistes, d’Alberti à Dürer en passant par Matisse, Rothko, ou encore Josef Sudek, une métaphore ou un instrument puissant pour évoquer (dans le désordre) le monde extérieur, un passage entre le dedans et le dehors, faire passer la lumière, jouer avec la perspective, etc. En ces temps de confinement, elle est devenue une alliée précieuse pour bon nombre d’entre nous. L’occasion de se plonger dans la collection du Frac et de partager ici les œuvres des artistes où la fenêtre y joue un rôle, modeste ou déterminant. . . Claude Nori Hôtel du Palais, Biarritz, de la série La Côte atlantique, 1984 Photographie noir et blanc 4x 51 x 60,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . . Dans ces photographies glanées au fil du littoral atlantique, Claude Nori saisit aussi bien la promenade familiale un jour de pluie, que l’activité des estivants sur une plage bondée, ou les courses et les jeux des enfants. Dressant sur des lieux qui lui sont familiers une chronique nomade et doucement nostalgique, le photographe traduit ici l’intensité de moments de bonheur simple. Il retient de précieux et fragiles instants de grâce : le geste attentionné d’une jeune femme accroupie aux pieds d’un enfant, le sourire éclatant d’une petite fille ou l’étreinte d’un jeune couple allongé sur le sable. Au-delà de l’apparente simplicité qui caractérise ses images, est perceptible le soin qu’il apporte à s’extraire de la scène photographiée pour en penser la lumière, le cadrage et la composition, rendant ainsi ce bonheur communicatif. #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #RESTERCHEZSOI #frac @platformfrac @nouvelle_aquitaine @oara.nouvelleaquitaine @alca_naquitaine

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#JOUR4 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Aujourd’hui est un jour particulier, le printemps succède à l’hiver, la nuit et le jour feront douze heures. Spring is comming pourrait-on s’amuser à dire. En d’autres temps, cette nouvelle aurait fait la une des quotidiens. Mais là, tout de suite, et sans doute pour de longs jours encore, nos préoccupations sont ailleurs. À l’autre bout de la planète, il semblerait que les tribunaux chinois soient actuellement débordés par quantité de couples ayant le désir de divorcer après leur période de confinement. Cette conséquence, parmi tant d’autres, nous ramène par des chemins inattendus à l’objet principal de cette chronique, la place de la fenêtre dans l’art, et en particulier dans la collection du Frac. Aujourd’hui : Clegg & Guttmann "Portrait of two youths with a bust of Marie-Antoinette", 1987 183 x 218,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Les modèles photographiés ici, figés, tiennent ostensiblement la pose. Les rideaux sont tirés sur les fenêtres. L’éclairage souligne leur visage, leurs mains, certains détails comme les bijoux, la cravate. Les éléments de décor pourraient appartenir à des demeures cossues. Cependant, l’espace intrigue par son manque de profondeur et son incohérence. Les éléments qui constituent cette scène concourent à produire un effet d’artificialité. Les protagonistes des « tableaux photographiques » de Clegg & Guttmann, sont des décideurs financiers, P.D.G. de multinationales, collectionneurs ou familles de la haute bourgeoisie. Commanditaires réels, parfois remplacés par des acteurs appelés à endosser leur rôle, ils posent en studio devant des décors photographiques. Suivant les indications des artistes, ils s’affichent dans descompositions théâtralisées puisant dans les codes esthétiques des portraits d’apparat ou de corporations de la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Ces portraits, individuels, de couples ou de groupes, évacuant toute dimension naturaliste mettent en exergue de manière critique l’excellence, la dignité et la respectabilité supposées des pmodèles et leur appartenance sociale. #CultureChezNous #lesfracchezvous @platformfrac

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#JOUR6 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) « Premières feuilles aux tilleuls de la place sous nos fenêtres, personne dans les rues, quasiment pas de circulation automobile. Nous habitons cet appartement depuis plus de huit ans, et, fenêtres ouvertes, c’est la première fois que nous entendons couler l’eau du gave qui nous vient des montagnes de Gavarnie… Nous nous contentons de les regarder, de loin… », nous confiaient hier par mail depuis Pau, Marie Bruneau et Bertrand Genier, commissaires du programme inter-régional d’expositions « Ici commence le chemin des montagnes ». Ces temps-ci, la fenêtre a ce rôle particulier et essentiel de relier le dedans et le dehors. Ouverte, elle laisse passer la lumière, la chaleur et l’air. Fermée, elle nous protège ; en ce moment on s’y poste tous les soirs à 20h pour applaudir celles et ceux qui œuvrent pour notre bien tous les jours. Si l’on raccroche les wagons avec l’objet de cette chronique, en photographie, medium qui peut lui-même être considéré comme une fenêtre sur le monde, elle constitue un thème particulièrement populaire en raison de la transparence et du pouvoir réflecteur du verre. Le premier cliché obtenu en chambre obscure a été réalisé en 1826 par l’inventeur français Joseph Nicéphore Niépce depuis la fenêtre d’une maison bourguignonne. Dans la collection du Frac, l’œuvre photographique la plus ancienne est datée de 1931. Il s’agit d’un photomontage anonyme rattaché à l’école du Bauhaus qui a su voir dans ce médium une technique révolutionnaire permettant de "peindre avec la lumière". #culturecheznous #lesfraccheznous @platformfrac #applaudir #applaudissez . Anonyme (Atelier du Bauhaus, Dessau) Ziel, 29 octobre 1931 Photomontage noir et blanc 7,7 x 7,9 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Ce photomontage associe en damier seize images minuscules. Chacune d’elles présente un exemple d’exploration photographique : le portrait, l’architecture, la publicité, la photographiescientifique, les types de cadrage, de composition, la lumière, le rendu des matières. Toutes ces pistes permettent d’approcher le réel en créant de nouveaux points de vue.

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#JOUR7 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) En cherchant dans la collection du Frac une œuvre qui pourrait illustrer dans nos vies de confinés cette chronique sur le rôle de la fenêtre comme ouverture sur le monde et son importance dans l’histoire de l’art, celle de Raymond Depardon revient toujours. La fenêtre y joue un rôle cardinal. Elle laisse filtrer la lumière et projette l’ombre des stores sur ces hommes endormis. Sans lien avec les nouvelles du dehors, tous les jours plus dures, cette œuvre agit comme un pansement tout en nous rappelant le monde d’avant. Merci de suivre le Frac.  Prenez soin de vous ♥️ . Raymond Depardon « Sans titre », de la série « Le Désert américain », 1983 Photographie noir et blanc Collection Frac Nouvelle- Aquitaine MÉCA . Le Désert américain, publié en 1983, d’où est extraite cette photographie, est dédié à Olivier Froux, ami et complice de Raymond Depardon, décédé l’année précédente. Il était le monteur de ses films : Numéros Zéro, Reporters et San Clemente. Le livre témoigne de trois voyages effectués par le photographe, en 1982, aux États-Unis, dont le second avec son ami. Raymond Depardon revient ainsi immortaliser les lieux où ils étaient passés ensemble. Ces images, en noir et blanc, sont accompagnées de courts textes dans la publication : y sont évoqués des souvenirs, des sentiments ou des détails liés à l’instant de la prise de vue. Un chien s’étire dans la rue à Death Valley Junction, un homme solitaire déambule… Le Désert américain montre dans son ensemble un « voyage du deuil, solitaire »1. L’ouvrage, dans sa construction, « peut être perçu comme un plan-séquence de film, re-découpé image par image, plan par plan »2, soulignant ici la particularité de la position de Raymond Depardon, à la fois photographe et cinéaste, dont le travail est imprégné d’une veine documentaire et de préoccupations plus intimes. 1 & 2. Serge Toubiana « La route de nuit », Le Désert américain, édition de l’Étoile, Paris, 1983 #culturecheznous #lesfraccheznous #chroniquedesfrac#resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante @alca_naquitaine @oara.nouvelleaquitaine @nouvelle_aquitaine

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#JOUR8 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) « Chacun en a fait l’expérience : la fenêtre est bien plus qu’un point de projection visuelle. C’est un espace à part entière qui a le pouvoir de modifier nos états de conscience, d’influencer notre équilibre émotionnel, de stimuler nos rêveries. Plus qu’une ouverture sur le paysage, elle est une véritable invitation au voyage. Elle n’est donc pas un élément architectural comme un autre. Peut-être que c’est un espace en soi. Un coin habitable, un quartier de la maison où il fait bon vivre, comme une pièce à part entière. Pourquoi ne pourrait-on pas habiter les fenêtres, plutôt que simplement les ouvrir, les fermer et regarder à travers ? » s’interrogeait en 2010 Stéphane Vial dans Les Annales de la Recherche Urbaine. Autant de questions que nous sommes sans doute très nombreux, non pas à théoriser, mais à expérimenter dans nos vies de confinés. Peut-être sera-t-il un jour intéressant, lorsque tout cela ne sera qu’un lointain souvenir, d’inventorier quelles auront été les nouvelles pratiques imaginées par chacun de nous à (avec ?) nos fenêtres dans nos logements. Les chants et les concerts d’applaudissements quotidiens seront sans doute à pointer dans cette liste. Pour l’heure, s’y accouder reste la façon la plus simple de les habiter pour prendre une bouffée d’air, s’aménager un moment à soi, ou s’évader vers un ailleurs vital comme le suggère l’œuvre suivante. André Kertész Budapest (Hongrie), 1894 – New York, 1985 « Martinique », 1972 Photographie noir et blanc 20,4 x 25,3 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Tout en douceur et en subtilité, ce paysage, solidement construit malgré une apparente simplicité, saisit, derrière une vitre dépolie, une silhouette solitaire et pensive, abimée dans la contemplation de l’infini marin. Cette photographie mélancolique est la dernière image de l’ouvrage rétrospectif d’André Kertész, Soixante ans de photographie, 1912-1972, conclusion sans doute d’un parcours suivi dans la singularité, utilisant la photo comme un journal intime pour exprimer non pas ce qu’il voit, mais « ce qu’il ressent ». #culturecheznous #lesfracchezvous @platformfrac

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#JOUR9 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Un article en ligne daté du 23 mars du Journal des arts décrit le Mont Saint-Michel comme un rocher fantôme. En le lisant, revient à l’esprit cette vue aérienne, interceptée hier sur arte, montrant des flottes entières d’avions cloués au sol, ou encore, cette information entendue ce matin sur France Inter précisant que le trafic TGV en France est tombé à 7%. Toutes ces images, ces informations décrivant, un peu plus chaque jour, un monde en état de stase, trouvent un écho dans la collection du Frac avec les photographies de Deborah Turbeville qui mettent en scène des lieux abandonnés, habités de présences fantomatiques. . Deborah Turbeville Medford (États-Unis), 1937 –New York, 2013 La Chambre de Madame Du Barry à Versailles, 30 janvier 1980 Photographie sépia 40,5 x 50,6 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Deborah Turbeville développe une œuvre plus personnelle parallèlement à la photographie de mode (à laquelle elle se consacre depuis 1972) avec de savantes mises en scène dans lesquelles le présent et le passé entrent en collision. Elle dégrade volontairement ses tirages et ses négatifs, donnant à ses images un aspect « vintage » de photographies anciennes. Elle accentue également leur côté suranné, passéiste en les nimbant d’un flou, d’un grain et d’une tonalité particulière. La Chambre de Madame Du Barry à Versailles fait partie d’une commande passée à l’artiste par Jacqueline Kennedy-Onassis, alors éditrice chez Doubleday & Co, pour un ouvrage sur le château de Versailles sous le titre de Unseen Versailles (1981). Dans ces photographies d’espaces et de recoins secrets, Deborah Turbeville s’est attachée à faire naître le sentiment d’un lieu habité de présences fantomatiques, peuplé de souvenirs. Ainsi apparaît la chambre de la dernière favorite de Louis XV, saisie dans une lumière hivernale, son mobilier regroupé autour du lit somptueux drapé de tissu blanc. Prenez soin de vous.  Le Frac pense à vous ❤️ #culturecheznous #lesfraccheznous#chroniquedesfrac#resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR10 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Quand cet épisode sera terminé, de quoi nous souviendrons-nous de ces nombreux moments où nous regardions par la fenêtre ? Seront-ils oubliés ou suffisamment puissants et structurants pour participer à l’édifice immense d’une mémoire (identité) collective liée au confinement que nous sommes plusieurs milliards de personnes à vivre d’un bout à l’autre de la planète ? Toutes ces questions en lien avec la fabrique des souvenirs, les mille et une façons dont la mémoire individuelle et collective semblent enchaînées l’une à l’autre, ce qui est oublié, ce qui est figé, toutes ces questions traversent l’œuvre de Pascal Convert « Appartement de l'artiste, empreinte » (1987 – 1989), inscrite à l’inventaire de la collection du Frac depuis 1989. . Pascal Convert Mont-de-Marsan, 1957 – vit et travaille à Biarritz Appartement de l’artiste, empreinte, 1987-1989 Verre gravé et sablé 350 x 556 x 460,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . "Appartement de l’artiste, empreinte" se compose de douze plaques de verre formant deux pans disposés à angle droit. Cette œuvre, présentée en 1989 au CAPC musée de Bordeaux, reprend à l’échelle 1, une partie d’une installation antérieure, intitulée « Appartement de l’artiste ». En avril 1987, Pascal Convert avait inséré des découpes de verre dans l’ensemble des boiseries d’une pièce de l’appartement où il vivait à Bordeaux. Le dispositif, véritable « piège à lumière », perturbait la perception de l’espace, enregistrant les reflets de l’extérieur et l’infinité des variations lumineuses. Dans « Appartement de l’artiste, empreinte », l’artiste inverse le processus de réflexion, en opacifiant par sablage les parties à l’origine réfléchissantes. Empreintes d’objets, de fragments de corps, sculptures de cire réalisées à partir d’images d’actualité, jalonnent l’œuvre de Pascal Convert, qui questionne avec constance les processus de la mémoire et de l’oubli, mémoire et de l’oubli, mémoire des lieux, des choses et des êtres, mémoire individuelle et mémoire collective. Prenez soin de vous.  #culturecheznous #lesfracchezvous #Nationapprenante #resterchezsoi @platformfrac

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#JOUR11 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) La distance qui sépare ces deux hommes, 1 mètre environ, ne renvoie pas au respect de la distanciation sociale à laquelle nous sommes contraints ces temps -ci, mais au respect tout court du photographe américain Duane Michals (à droite) pour le photographe hongrois André Kertész dont nous avons précédemment commenté l’œuvre « Martinique » (voir #JOUR8). Pour en revenir à cette chronique, vous aurez noté, en arrière-plan, la présence de la fenêtre, immense, ouvrant sur des dizaines d’autres en vis-à-vis, qui permet à la lumière d’éclairer la pièce et aux silhouettes des deux artistes de se découper dans un léger contre-jour. . Duane Michals MacKeesport (États-Unis), 1932 – vit et travaille à New York "Self Portrait with Kertesz in the Manner of David Hockney" , 1982 Photographie noir et blanc 28 x 35,4 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Dans « Self portrait with Andre Kertész in the manner of David Hockney », Duane Michals apparaît aux côtés d’André Kertesz, photographe qu’il admire. La composition adoptée est empruntée à l’artiste David Hockney, dans ses portraits des années 1960 et 1970. Ceux-ci figurent des personnages assis ou debout, représentés de face et de profil, posant dans un intérieur, devant une ouverture. Dans cette photographie, Duane Michals est debout à droite de l’image, André Kertész fait face à l’objectif, assis sur un canapé au centre d’une pièce vide. À l’arrière-plan, une large baie vitrée ouvre sur les étages supérieurs de façades d’immeubles. La position centrale du vieux photographe (il mourra trois ans plus tard) laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’un hommage de Duane Michals à son aîné, et au-delà du rapport de révérence et d’admiration d’un artiste envers un autre, de la relation qui peut lier deux hommes de générations différentes. . Prenez soin de vous.  #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac  #nationapprenante

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#JOUR13 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Seuil entre le dedans et le dehors, le privé et le public, l’intime et le social, la fenêtre sépare un univers domestique, le plus souvent associé au féminin, de l’espace social du monde, réservé au masculin. En histoire de l’art, le motif répandu de la figure à la fenêtre ou à proximité est le plus souvent conjugué au féminin. Les tableaux intitulés « Femme à la fenêtre », le premier réalisé en 1822 par le peintre allemand Caspar David Friedrich (1774 – 1840), le second conçu en 1870 par le français Edgard Degas (1834 – 1917), en sont deux exemples parmi tant d’autres. Dans la collection du Frac plusieurs œuvres donnent à voir un personnage féminin mis en scène à proximité d’une fenêtre, dans son intérieur, comme le suggère cette photographie datant de 1955 de l’américain O. Winston Link. . O. Winston Link New York, 1914 – South Salem (États-Unis), 2001 « Living Room on the Tracks, Lithia, Virginia », 16 décembre 1955 Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . À partir de 1955, O. Winston Link, ingénieur de formation et photographe commercial spécialisé dans la publicité et l’industrie, s’attache à documenter la présence des locomotives à vapeur dans le paysage américain, avant leur remplacement par des machines diésel. Durant cinq années, il parcourt le territoire desservi par la compagnie Norfolk & Western Railway, produisant plus de 2 000 clichés. Témoignant d’un remarquable savoir-faire, les prises de vue, réalisées pour la plupart de nuit, avec la complicité des conducteurs des machines et des habitants, procèdent d’une mise en scène quasi cinématographique. Secondé par un assistant, Link se livre à un long et minutieux travail de préparation de ses images. Il rédige pour chaque photographie un texte donnant des renseignements sur les circonstances de la prise de vue, les figurants et le matériel utilisé. Dans « Living Room on the Tracks,Lithia, Virginia », on aperçoit la locomotive dans le cadre de la fenêtre d’un salon à la décoration surchargée. Faisant irruption dans l’environnement de ses occupants, elle semble ne troubler en rien leur intimité. #culturecheznous #lesfracchezvous

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#JOUR14 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE. (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Aujourd’hui, à nos fenêtres, il a neigé. Timidement, mais il a neigé. Et il fait froid comme si nous étions au cœur de l’hiver. Cet épisode ne durera qu’un temps, mais il nous rappelle que les arbres sont en fleurs. Est-ce un nouveau signe du dérèglement climatique ? Seules les statistiques sont à même de nous dire si cet épisode qui semble anachronique l’est vraiment. Ces flocons de printemps nous rappellent également que dans la presse, les articles se multiplient mettant en relation cette crise sanitaire avec la crise écologique et climatique. En attendant de voir comment, dans les mois qui viennent, la communauté scientifique homogénéisera ou pas son discours sur la manière dont l’activité de l’homme (à l’ère de l’anthropocène) est à l’origine de ces crises, nous avons retrouvé dans la collection du Frac, cette œuvre de Maryvonne Rocher-Gilotte montrant ce pavillon versaillais, fenêtres closes, sous la neige au XXe siècle, le 12 janvier 1978 précisément. Le siècle où il neigeait en hiver. . . Maryvonne Rocher-Gilotte Paimpol, 1940 – Bordeaux, 2012 « Versailles », 1979 27,5 x 39 cm Photographie noir et blanc Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉC . La forêt près des Haras de Jardy à Marnes-la-Coquette, un pavillon en meulière saisi à travers une vitre embuée, le parc de Versailles que Maryvonne Rocher-Gilotte photographie avec prédilection au fil des saisons et dont elle connaît, mieux que quiconque les innombrables points de vue, apparaissent ici voilés par les brumes hivernales. La lumière, une atmosphère ouatée, le contraste faible, la douceur des tons de gris, la délicatesse des effets de transparence donnent à ces paysages un aspect captivant. Prenez soin de vous. #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR15 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) C’est à Alberti, au XVe siècle, que l’on doit l’invention du tableau comme une fenêtre ouverte sur le monde, autrement dit, d’une composition inscrite dans un espace en perspective à l’intérieur d’un cadre. Cette révolution en peinture a entrainé des bouleversements dans l’histoire des représentations et en particulier celle du paysage structuré depuis autour d’un point de fuite. Six siècles plus tard, dans nos logements, l’architecture a donné à la fenêtre le rôle du tableau, offrant uncadrage visuel sur l’espace extérieur, comme un moyen d’atteindre le paysage. Dans la collection du Frac, l’œuvre « 5 agaves » de l’artiste Jacques Vieille, en rejouant l’idée du tableau à travers le motif de la fenêtre, va au-delà de cette simple vision qui s’organise sous nos yeux au quotidien en posant la question suivante : quel est aujourd’hui notre rapport au paysage et plus largement à la nature ? . . Jacques Vieille Baden-Baden (Allemagne), 1948 – vit et travaille à Paris et à Labastide-Castel-Amouroux « 5 agaves », 1996 237 x 176 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . . Cette œuvre est composée d’un store vénitien blanc laissant entrevoir cinq agaves artificiels fixés sur des panneaux d’isolation jaune pâle. Cette sculpture, qui évoque le format d’un tableau ou d’une fenêtre, assemble différents éléments préexistants relatifs à la construction. Comme toujours dans la démarche formelle menée par Jacques Vieille, « 5 agaves » est d’une très grande pureté graphique, d’une stylisation rigoureuse. Le dialogue entre décor et architecture fait apparaître un paysage synthétique construit et composite. L’enjeu réside dans le fait d’imaginer un nouveau rapport avec le paysage qui serait ici industriel, esthétique et fictionnel. Comme l’indique la critique d’art Bénédicte Ramade : « L’art précis de Jacques Vieille n’a eu de cesse au cours des trois dernières décennies de reconsidérer et redéfinir avec beaucoup d’intuition, ce que l’on commence tout juste à admettre : la nature est notre culture. » #culturecheznous #lesfracchezvous @platformfrac

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