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#Jour1-? Le monde vu par ma fenêtre

Catégorie d’Évènement:
Du 15 mars 2020
au 11 mai 2020
Sur la toile

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#JOUR3 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Les vidéos fleurissent depuis quelques jours sur la toile montrant, en cette période de confinement, les Italiens, les Espagnols et aujourd’hui les Français improviser des scènes de chants collectifs sur leur balcon ou à leur fenêtre. Une manière émouvante et solidaire de partager et de rompre l’isolement. Mais saviez-vous que la fenêtre jalonne l’histoire de l’art ? Du XVe siècle à aujourd’hui, elle a été et reste pour les artistes, d’Alberti à Dürer en passant par Matisse, Rothko, ou encore Josef Sudek, une métaphore ou un instrument puissant pour évoquer (dans le désordre) le monde extérieur, un passage entre le dedans et le dehors, faire passer la lumière, jouer avec la perspective, etc. En ces temps de confinement, elle est devenue une alliée précieuse pour bon nombre d’entre nous. L’occasion de se plonger dans la collection du Frac et de partager ici les œuvres des artistes où la fenêtre y joue un rôle, modeste ou déterminant. . . Claude Nori Hôtel du Palais, Biarritz, de la série La Côte atlantique, 1984 Photographie noir et blanc 4x 51 x 60,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . . Dans ces photographies glanées au fil du littoral atlantique, Claude Nori saisit aussi bien la promenade familiale un jour de pluie, que l’activité des estivants sur une plage bondée, ou les courses et les jeux des enfants. Dressant sur des lieux qui lui sont familiers une chronique nomade et doucement nostalgique, le photographe traduit ici l’intensité de moments de bonheur simple. Il retient de précieux et fragiles instants de grâce : le geste attentionné d’une jeune femme accroupie aux pieds d’un enfant, le sourire éclatant d’une petite fille ou l’étreinte d’un jeune couple allongé sur le sable. Au-delà de l’apparente simplicité qui caractérise ses images, est perceptible le soin qu’il apporte à s’extraire de la scène photographiée pour en penser la lumière, le cadrage et la composition, rendant ainsi ce bonheur communicatif. #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #RESTERCHEZSOI #frac @platformfrac @nouvelle_aquitaine @oara.nouvelleaquitaine @alca_naquitaine

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#JOUR4 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Aujourd’hui est un jour particulier, le printemps succède à l’hiver, la nuit et le jour feront douze heures. Spring is comming pourrait-on s’amuser à dire. En d’autres temps, cette nouvelle aurait fait la une des quotidiens. Mais là, tout de suite, et sans doute pour de longs jours encore, nos préoccupations sont ailleurs. À l’autre bout de la planète, il semblerait que les tribunaux chinois soient actuellement débordés par quantité de couples ayant le désir de divorcer après leur période de confinement. Cette conséquence, parmi tant d’autres, nous ramène par des chemins inattendus à l’objet principal de cette chronique, la place de la fenêtre dans l’art, et en particulier dans la collection du Frac. Aujourd’hui : Clegg & Guttmann "Portrait of two youths with a bust of Marie-Antoinette", 1987 183 x 218,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Les modèles photographiés ici, figés, tiennent ostensiblement la pose. Les rideaux sont tirés sur les fenêtres. L’éclairage souligne leur visage, leurs mains, certains détails comme les bijoux, la cravate. Les éléments de décor pourraient appartenir à des demeures cossues. Cependant, l’espace intrigue par son manque de profondeur et son incohérence. Les éléments qui constituent cette scène concourent à produire un effet d’artificialité. Les protagonistes des « tableaux photographiques » de Clegg & Guttmann, sont des décideurs financiers, P.D.G. de multinationales, collectionneurs ou familles de la haute bourgeoisie. Commanditaires réels, parfois remplacés par des acteurs appelés à endosser leur rôle, ils posent en studio devant des décors photographiques. Suivant les indications des artistes, ils s’affichent dans descompositions théâtralisées puisant dans les codes esthétiques des portraits d’apparat ou de corporations de la peinture hollandaise du XVIIe siècle. Ces portraits, individuels, de couples ou de groupes, évacuant toute dimension naturaliste mettent en exergue de manière critique l’excellence, la dignité et la respectabilité supposées des pmodèles et leur appartenance sociale. #CultureChezNous #lesfracchezvous @platformfrac

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#JOUR6 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) « Premières feuilles aux tilleuls de la place sous nos fenêtres, personne dans les rues, quasiment pas de circulation automobile. Nous habitons cet appartement depuis plus de huit ans, et, fenêtres ouvertes, c’est la première fois que nous entendons couler l’eau du gave qui nous vient des montagnes de Gavarnie… Nous nous contentons de les regarder, de loin… », nous confiaient hier par mail depuis Pau, Marie Bruneau et Bertrand Genier, commissaires du programme inter-régional d’expositions « Ici commence le chemin des montagnes ». Ces temps-ci, la fenêtre a ce rôle particulier et essentiel de relier le dedans et le dehors. Ouverte, elle laisse passer la lumière, la chaleur et l’air. Fermée, elle nous protège ; en ce moment on s’y poste tous les soirs à 20h pour applaudir celles et ceux qui œuvrent pour notre bien tous les jours. Si l’on raccroche les wagons avec l’objet de cette chronique, en photographie, medium qui peut lui-même être considéré comme une fenêtre sur le monde, elle constitue un thème particulièrement populaire en raison de la transparence et du pouvoir réflecteur du verre. Le premier cliché obtenu en chambre obscure a été réalisé en 1826 par l’inventeur français Joseph Nicéphore Niépce depuis la fenêtre d’une maison bourguignonne. Dans la collection du Frac, l’œuvre photographique la plus ancienne est datée de 1931. Il s’agit d’un photomontage anonyme rattaché à l’école du Bauhaus qui a su voir dans ce médium une technique révolutionnaire permettant de "peindre avec la lumière". #culturecheznous #lesfraccheznous @platformfrac #applaudir #applaudissez . Anonyme (Atelier du Bauhaus, Dessau) Ziel, 29 octobre 1931 Photomontage noir et blanc 7,7 x 7,9 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Ce photomontage associe en damier seize images minuscules. Chacune d’elles présente un exemple d’exploration photographique : le portrait, l’architecture, la publicité, la photographiescientifique, les types de cadrage, de composition, la lumière, le rendu des matières. Toutes ces pistes permettent d’approcher le réel en créant de nouveaux points de vue.

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#JOUR7 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) En cherchant dans la collection du Frac une œuvre qui pourrait illustrer dans nos vies de confinés cette chronique sur le rôle de la fenêtre comme ouverture sur le monde et son importance dans l’histoire de l’art, celle de Raymond Depardon revient toujours. La fenêtre y joue un rôle cardinal. Elle laisse filtrer la lumière et projette l’ombre des stores sur ces hommes endormis. Sans lien avec les nouvelles du dehors, tous les jours plus dures, cette œuvre agit comme un pansement tout en nous rappelant le monde d’avant. Merci de suivre le Frac.  Prenez soin de vous ♥️ . Raymond Depardon « Sans titre », de la série « Le Désert américain », 1983 Photographie noir et blanc Collection Frac Nouvelle- Aquitaine MÉCA . Le Désert américain, publié en 1983, d’où est extraite cette photographie, est dédié à Olivier Froux, ami et complice de Raymond Depardon, décédé l’année précédente. Il était le monteur de ses films : Numéros Zéro, Reporters et San Clemente. Le livre témoigne de trois voyages effectués par le photographe, en 1982, aux États-Unis, dont le second avec son ami. Raymond Depardon revient ainsi immortaliser les lieux où ils étaient passés ensemble. Ces images, en noir et blanc, sont accompagnées de courts textes dans la publication : y sont évoqués des souvenirs, des sentiments ou des détails liés à l’instant de la prise de vue. Un chien s’étire dans la rue à Death Valley Junction, un homme solitaire déambule… Le Désert américain montre dans son ensemble un « voyage du deuil, solitaire »1. L’ouvrage, dans sa construction, « peut être perçu comme un plan-séquence de film, re-découpé image par image, plan par plan »2, soulignant ici la particularité de la position de Raymond Depardon, à la fois photographe et cinéaste, dont le travail est imprégné d’une veine documentaire et de préoccupations plus intimes. 1 & 2. Serge Toubiana « La route de nuit », Le Désert américain, édition de l’Étoile, Paris, 1983 #culturecheznous #lesfraccheznous #chroniquedesfrac#resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante @alca_naquitaine @oara.nouvelleaquitaine @nouvelle_aquitaine

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#JOUR8 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) « Chacun en a fait l’expérience : la fenêtre est bien plus qu’un point de projection visuelle. C’est un espace à part entière qui a le pouvoir de modifier nos états de conscience, d’influencer notre équilibre émotionnel, de stimuler nos rêveries. Plus qu’une ouverture sur le paysage, elle est une véritable invitation au voyage. Elle n’est donc pas un élément architectural comme un autre. Peut-être que c’est un espace en soi. Un coin habitable, un quartier de la maison où il fait bon vivre, comme une pièce à part entière. Pourquoi ne pourrait-on pas habiter les fenêtres, plutôt que simplement les ouvrir, les fermer et regarder à travers ? » s’interrogeait en 2010 Stéphane Vial dans Les Annales de la Recherche Urbaine. Autant de questions que nous sommes sans doute très nombreux, non pas à théoriser, mais à expérimenter dans nos vies de confinés. Peut-être sera-t-il un jour intéressant, lorsque tout cela ne sera qu’un lointain souvenir, d’inventorier quelles auront été les nouvelles pratiques imaginées par chacun de nous à (avec ?) nos fenêtres dans nos logements. Les chants et les concerts d’applaudissements quotidiens seront sans doute à pointer dans cette liste. Pour l’heure, s’y accouder reste la façon la plus simple de les habiter pour prendre une bouffée d’air, s’aménager un moment à soi, ou s’évader vers un ailleurs vital comme le suggère l’œuvre suivante. André Kertész Budapest (Hongrie), 1894 – New York, 1985 « Martinique », 1972 Photographie noir et blanc 20,4 x 25,3 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Tout en douceur et en subtilité, ce paysage, solidement construit malgré une apparente simplicité, saisit, derrière une vitre dépolie, une silhouette solitaire et pensive, abimée dans la contemplation de l’infini marin. Cette photographie mélancolique est la dernière image de l’ouvrage rétrospectif d’André Kertész, Soixante ans de photographie, 1912-1972, conclusion sans doute d’un parcours suivi dans la singularité, utilisant la photo comme un journal intime pour exprimer non pas ce qu’il voit, mais « ce qu’il ressent ». #culturecheznous #lesfracchezvous @platformfrac

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#JOUR9 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Un article en ligne daté du 23 mars du Journal des arts décrit le Mont Saint-Michel comme un rocher fantôme. En le lisant, revient à l’esprit cette vue aérienne, interceptée hier sur arte, montrant des flottes entières d’avions cloués au sol, ou encore, cette information entendue ce matin sur France Inter précisant que le trafic TGV en France est tombé à 7%. Toutes ces images, ces informations décrivant, un peu plus chaque jour, un monde en état de stase, trouvent un écho dans la collection du Frac avec les photographies de Deborah Turbeville qui mettent en scène des lieux abandonnés, habités de présences fantomatiques. . Deborah Turbeville Medford (États-Unis), 1937 –New York, 2013 La Chambre de Madame Du Barry à Versailles, 30 janvier 1980 Photographie sépia 40,5 x 50,6 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Deborah Turbeville développe une œuvre plus personnelle parallèlement à la photographie de mode (à laquelle elle se consacre depuis 1972) avec de savantes mises en scène dans lesquelles le présent et le passé entrent en collision. Elle dégrade volontairement ses tirages et ses négatifs, donnant à ses images un aspect « vintage » de photographies anciennes. Elle accentue également leur côté suranné, passéiste en les nimbant d’un flou, d’un grain et d’une tonalité particulière. La Chambre de Madame Du Barry à Versailles fait partie d’une commande passée à l’artiste par Jacqueline Kennedy-Onassis, alors éditrice chez Doubleday & Co, pour un ouvrage sur le château de Versailles sous le titre de Unseen Versailles (1981). Dans ces photographies d’espaces et de recoins secrets, Deborah Turbeville s’est attachée à faire naître le sentiment d’un lieu habité de présences fantomatiques, peuplé de souvenirs. Ainsi apparaît la chambre de la dernière favorite de Louis XV, saisie dans une lumière hivernale, son mobilier regroupé autour du lit somptueux drapé de tissu blanc. Prenez soin de vous.  Le Frac pense à vous ❤️ #culturecheznous #lesfraccheznous#chroniquedesfrac#resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR17 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Baby Boom ou Baby Crash en vue ? Le confinement au quotidien rend-il propice le rapprochement des couples ou l’angoisse prend-elle le pas sur le désir ? Les avis des experts divergent. Il semblerait que l’incertitude dans laquelle nous plonge cette crise sanitaire, doublée d’une crise économique sans précédent, nous conduirait à reporter « nos projets familiaux ». En attendant de voir quelle sera la situation en décembre prochain, voici cette œuvre d’Alain Séchas datée de 1998, acquise par le Frac la même année qui, par le biais d’un humour corrosif, s’amuse à décrire les relations, pas toujours simples, parents-enfants. À méditer… . Alain Séchas Colombes, 1955 – vit et travaille à Paris Tu tourneras à gauche  Stylo-feutre sur papier 7 x (32 x 24 cm) Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA « L’œuvre d’Alain Séchas éclaire lumineusement cette voie insolente et faussement naïve : chats stylisés sans style, blagues puisées dans le dernier souffle de leur épuisement comique, saynètes burlesques façon journal officiel ». Ici, cet innocent animal de compagnie devient le protagoniste de scènes incongrues et caricaturales à l’humour grinçant, quelquefois noir, et instaure un intermédiaire entre le récit, le spectateur et l’artiste. Ce dernier précise qu’il « déteste l’ironie. L’ironiste ne s’implique pas, il ironise pour sa propre satisfaction. Alors que l’humoriste pense aux autres. Et puis je n’aime pas la distance de l’ironiste… […] Je n’ai pas cette distance amusée, ou plutôt je n’ai pas envie de rire de ce rire-là… ». . Prenez soin de vous #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac#resterchezsoi Platform, regroupement des Fonds régionaux d'art contemporain #Nationapprenante

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#JOUR18 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Alors que nous avançons à l’aveugle dans cette crise jour après jour, que voyons-nous à nos fenêtres ? Nos pensées convergent-elles ? Ces moments sont-ils pour chacun de nous l’occasion de réinventer le monde ? Et si oui, que devient-il ? Reste-t-il durablement complexe ? Sommes-nous en train d’imaginer la planète que nous souhaitons habiter comme invite à le faire le sociologue et philosophe Bruno Latour ? Ou désirons-nous retrouver l’ordre social, politiqueet culturel du monde d’avant ? Ces questions sont l’occasion de (re)découvrir dans la collection du Frac une œuvre de la série « Gentlemen » de l’artiste allemande Karen Knorr. Les conventions, la force des habitudes, la nostalgie de ce qui a été perdu, les privilèges y sont identifiés comme autant d’obstacles au changement. . Karen Knorr Francfort-sur-le-Main, 1954 – vit et travaille à Londres Série « Gentlemen », 1982 58,5 x 45,8 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . D’une composition stricte, éclairées avec soin, de format carré, les photographies de la série « Gentlemen » dépeignent des hommes prenant la pose dans les décors surannés, encombrés d’objets et d’œuvres d’art, de clubs huppés de Londres. Impassibles et figés, ces personnages, absorbés, s’efforcent de donner un reflet d’eux-mêmes conforme à la « distinction » qu’ils imaginent être l’apanage de leur classe sociale. Mis en page sous chaque photographie, un texte est supposé témoigner d’opinions toutes faites, de thèses convenues sur l’ordre social, politique ou culturel. Il reflète l’héritage d’un art de vivre, de penser et de juger persistant dans la haute société anglaise,nostalgique de l’hégémonie perdue. Cependant le trouble et l’ironie distillés par l’emphase ou le dérisoire des propos, l’accentuation de certains termes par des capitales, minent la vraisemblance, la véracité des images. Usant de l’ironie et du pastiche, l’artiste manifeste qu’il n’est plus possible d’adhérer naïvement à l’objectivité du document direct, mais qu’il s’agit de jouer avec les effets de réel, à l’œuvre dans la photographie. #lesfracchezvous @platformfrac #culturecheznous

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#JOUR10 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Quand cet épisode sera terminé, de quoi nous souviendrons-nous de ces nombreux moments où nous regardions par la fenêtre ? Seront-ils oubliés ou suffisamment puissants et structurants pour participer à l’édifice immense d’une mémoire (identité) collective liée au confinement que nous sommes plusieurs milliards de personnes à vivre d’un bout à l’autre de la planète ? Toutes ces questions en lien avec la fabrique des souvenirs, les mille et une façons dont la mémoire individuelle et collective semblent enchaînées l’une à l’autre, ce qui est oublié, ce qui est figé, toutes ces questions traversent l’œuvre de Pascal Convert « Appartement de l'artiste, empreinte » (1987 – 1989), inscrite à l’inventaire de la collection du Frac depuis 1989. . Pascal Convert Mont-de-Marsan, 1957 – vit et travaille à Biarritz Appartement de l’artiste, empreinte, 1987-1989 Verre gravé et sablé 350 x 556 x 460,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . "Appartement de l’artiste, empreinte" se compose de douze plaques de verre formant deux pans disposés à angle droit. Cette œuvre, présentée en 1989 au CAPC musée de Bordeaux, reprend à l’échelle 1, une partie d’une installation antérieure, intitulée « Appartement de l’artiste ». En avril 1987, Pascal Convert avait inséré des découpes de verre dans l’ensemble des boiseries d’une pièce de l’appartement où il vivait à Bordeaux. Le dispositif, véritable « piège à lumière », perturbait la perception de l’espace, enregistrant les reflets de l’extérieur et l’infinité des variations lumineuses. Dans « Appartement de l’artiste, empreinte », l’artiste inverse le processus de réflexion, en opacifiant par sablage les parties à l’origine réfléchissantes. Empreintes d’objets, de fragments de corps, sculptures de cire réalisées à partir d’images d’actualité, jalonnent l’œuvre de Pascal Convert, qui questionne avec constance les processus de la mémoire et de l’oubli, mémoire et de l’oubli, mémoire des lieux, des choses et des êtres, mémoire individuelle et mémoire collective. Prenez soin de vous.  #culturecheznous #lesfracchezvous #Nationapprenante #resterchezsoi @platformfrac

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#JOUR11 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) La distance qui sépare ces deux hommes, 1 mètre environ, ne renvoie pas au respect de la distanciation sociale à laquelle nous sommes contraints ces temps -ci, mais au respect tout court du photographe américain Duane Michals (à droite) pour le photographe hongrois André Kertész dont nous avons précédemment commenté l’œuvre « Martinique » (voir #JOUR8). Pour en revenir à cette chronique, vous aurez noté, en arrière-plan, la présence de la fenêtre, immense, ouvrant sur des dizaines d’autres en vis-à-vis, qui permet à la lumière d’éclairer la pièce et aux silhouettes des deux artistes de se découper dans un léger contre-jour. . Duane Michals MacKeesport (États-Unis), 1932 – vit et travaille à New York "Self Portrait with Kertesz in the Manner of David Hockney" , 1982 Photographie noir et blanc 28 x 35,4 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Dans « Self portrait with Andre Kertész in the manner of David Hockney », Duane Michals apparaît aux côtés d’André Kertesz, photographe qu’il admire. La composition adoptée est empruntée à l’artiste David Hockney, dans ses portraits des années 1960 et 1970. Ceux-ci figurent des personnages assis ou debout, représentés de face et de profil, posant dans un intérieur, devant une ouverture. Dans cette photographie, Duane Michals est debout à droite de l’image, André Kertész fait face à l’objectif, assis sur un canapé au centre d’une pièce vide. À l’arrière-plan, une large baie vitrée ouvre sur les étages supérieurs de façades d’immeubles. La position centrale du vieux photographe (il mourra trois ans plus tard) laisse à penser qu’il s’agit plutôt d’un hommage de Duane Michals à son aîné, et au-delà du rapport de révérence et d’admiration d’un artiste envers un autre, de la relation qui peut lier deux hommes de générations différentes. . Prenez soin de vous.  #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac  #nationapprenante

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#JOUR13 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Seuil entre le dedans et le dehors, le privé et le public, l’intime et le social, la fenêtre sépare un univers domestique, le plus souvent associé au féminin, de l’espace social du monde, réservé au masculin. En histoire de l’art, le motif répandu de la figure à la fenêtre ou à proximité est le plus souvent conjugué au féminin. Les tableaux intitulés « Femme à la fenêtre », le premier réalisé en 1822 par le peintre allemand Caspar David Friedrich (1774 – 1840), le second conçu en 1870 par le français Edgard Degas (1834 – 1917), en sont deux exemples parmi tant d’autres. Dans la collection du Frac plusieurs œuvres donnent à voir un personnage féminin mis en scène à proximité d’une fenêtre, dans son intérieur, comme le suggère cette photographie datant de 1955 de l’américain O. Winston Link. . O. Winston Link New York, 1914 – South Salem (États-Unis), 2001 « Living Room on the Tracks, Lithia, Virginia », 16 décembre 1955 Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . À partir de 1955, O. Winston Link, ingénieur de formation et photographe commercial spécialisé dans la publicité et l’industrie, s’attache à documenter la présence des locomotives à vapeur dans le paysage américain, avant leur remplacement par des machines diésel. Durant cinq années, il parcourt le territoire desservi par la compagnie Norfolk & Western Railway, produisant plus de 2 000 clichés. Témoignant d’un remarquable savoir-faire, les prises de vue, réalisées pour la plupart de nuit, avec la complicité des conducteurs des machines et des habitants, procèdent d’une mise en scène quasi cinématographique. Secondé par un assistant, Link se livre à un long et minutieux travail de préparation de ses images. Il rédige pour chaque photographie un texte donnant des renseignements sur les circonstances de la prise de vue, les figurants et le matériel utilisé. Dans « Living Room on the Tracks,Lithia, Virginia », on aperçoit la locomotive dans le cadre de la fenêtre d’un salon à la décoration surchargée. Faisant irruption dans l’environnement de ses occupants, elle semble ne troubler en rien leur intimité. #culturecheznous #lesfracchezvous

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#JOUR14 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE. (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Aujourd’hui, à nos fenêtres, il a neigé. Timidement, mais il a neigé. Et il fait froid comme si nous étions au cœur de l’hiver. Cet épisode ne durera qu’un temps, mais il nous rappelle que les arbres sont en fleurs. Est-ce un nouveau signe du dérèglement climatique ? Seules les statistiques sont à même de nous dire si cet épisode qui semble anachronique l’est vraiment. Ces flocons de printemps nous rappellent également que dans la presse, les articles se multiplient mettant en relation cette crise sanitaire avec la crise écologique et climatique. En attendant de voir comment, dans les mois qui viennent, la communauté scientifique homogénéisera ou pas son discours sur la manière dont l’activité de l’homme (à l’ère de l’anthropocène) est à l’origine de ces crises, nous avons retrouvé dans la collection du Frac, cette œuvre de Maryvonne Rocher-Gilotte montrant ce pavillon versaillais, fenêtres closes, sous la neige au XXe siècle, le 12 janvier 1978 précisément. Le siècle où il neigeait en hiver. . . Maryvonne Rocher-Gilotte Paimpol, 1940 – Bordeaux, 2012 « Versailles », 1979 27,5 x 39 cm Photographie noir et blanc Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉC . La forêt près des Haras de Jardy à Marnes-la-Coquette, un pavillon en meulière saisi à travers une vitre embuée, le parc de Versailles que Maryvonne Rocher-Gilotte photographie avec prédilection au fil des saisons et dont elle connaît, mieux que quiconque les innombrables points de vue, apparaissent ici voilés par les brumes hivernales. La lumière, une atmosphère ouatée, le contraste faible, la douceur des tons de gris, la délicatesse des effets de transparence donnent à ces paysages un aspect captivant. Prenez soin de vous. #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR15 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) C’est à Alberti, au XVe siècle, que l’on doit l’invention du tableau comme une fenêtre ouverte sur le monde, autrement dit, d’une composition inscrite dans un espace en perspective à l’intérieur d’un cadre. Cette révolution en peinture a entrainé des bouleversements dans l’histoire des représentations et en particulier celle du paysage structuré depuis autour d’un point de fuite. Six siècles plus tard, dans nos logements, l’architecture a donné à la fenêtre le rôle du tableau, offrant uncadrage visuel sur l’espace extérieur, comme un moyen d’atteindre le paysage. Dans la collection du Frac, l’œuvre « 5 agaves » de l’artiste Jacques Vieille, en rejouant l’idée du tableau à travers le motif de la fenêtre, va au-delà de cette simple vision qui s’organise sous nos yeux au quotidien en posant la question suivante : quel est aujourd’hui notre rapport au paysage et plus largement à la nature ? . . Jacques Vieille Baden-Baden (Allemagne), 1948 – vit et travaille à Paris et à Labastide-Castel-Amouroux « 5 agaves », 1996 237 x 176 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . . Cette œuvre est composée d’un store vénitien blanc laissant entrevoir cinq agaves artificiels fixés sur des panneaux d’isolation jaune pâle. Cette sculpture, qui évoque le format d’un tableau ou d’une fenêtre, assemble différents éléments préexistants relatifs à la construction. Comme toujours dans la démarche formelle menée par Jacques Vieille, « 5 agaves » est d’une très grande pureté graphique, d’une stylisation rigoureuse. Le dialogue entre décor et architecture fait apparaître un paysage synthétique construit et composite. L’enjeu réside dans le fait d’imaginer un nouveau rapport avec le paysage qui serait ici industriel, esthétique et fictionnel. Comme l’indique la critique d’art Bénédicte Ramade : « L’art précis de Jacques Vieille n’a eu de cesse au cours des trois dernières décennies de reconsidérer et redéfinir avec beaucoup d’intuition, ce que l’on commence tout juste à admettre : la nature est notre culture. » #culturecheznous #lesfracchezvous @platformfrac

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#JOUR16 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Nos nuits sont devenues silencieuses. Le bruit aurait chuté de 90% dans plusieurs grandes villes françaises. C’est ce que rapporte un article paru ce jour dans le quotidien La Montagne qui décrit les rues, les places et les avenues d’une ville « bâillonnée » (Clermont-Ferrand). Sur le même sujet, dans Le Monde d’aujourd’hui, un entretien croisé entre Le neuroscientifique Michel Le Van Quyen et l’anthropologue David Le Breton analyse les effets de l’irruption du silence dans nos vies de confiné.e.s. L’équilibre de ce face à face qui s’impose à nous, inédit dans l’histoire récente de nos sociétés, dépend pour beaucoup de notre quiétude ou notre inquiétude à vivre au jour le jour dans les circonstances actuelles. Difficile donc de répondre à la question suivante : le silence du dehors favorisera-t-il le silence du dedans ? En 1984, le Frac faisait l’acquisition du portrait de Kim Novak par Duane Michals. L’actrice américaine s’y trouve saisie dans un intérieur confortable à proximité d’une fenêtre. Au-delà des apparences, il y est surtout question de ce silence du dedans dont nous parlions et de cette part d’intériorité. . Duane Michals « Kim Novak », 1962 Photographie noir et blanc Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Bien connu pour ses séquences photographiques, Duane Michals a également réalisé de nombreux portraits de personnalités (artistes, acteurs, écrivains) échappant aux poncifs du genre. Ainsi, ici, Kim Novak pose près de l’embrasure d’une fenêtre. Son buste, légèrement penché, un peu tassé s’inscrit au creux d’un espace dessiné par les lignes obliques des boiseries et d’un rideau ; le regard dans le vide, elle semble absorbée dans ses pensées. De cette image tout en douceur, émane une impression de mélancolie, qui révèle sans doute quelque chose de l’intimité de l’actrice. . . Prenez soin de vous #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR19 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Impossible d'imaginer « s'en sortir sans sortir » (mots du poète roumain Ghérasim Luca) sans ouverture sur le monde. . Juan Muñoz Madrid, 1953 – Ibiza, 2001 « Balcon/nes », 1986 Fer et néon Balcon : 60 x 75 x 41 cm Néon : 63 x 17,5 x 5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . « Balcón/nes », se présente sous la forme d’un balcon en fer soudé accroché en hauteur sur un mur aveugle à proximité d’une enseigne de néon reproduisant le mot HÔTEL, lisible à l’envers. Ce balcon constitue une allégorie de l’espace habité depuis lequel on peut contempler, ou se montrer. Le spectateur se retrouve pourtant face à cet élément architectural vide de toute présence humaine qui, en temps normal, est un élément de transition entre l’intérieur (intimité, corps) et l’extérieur (monde, geste). Du point de vue du spectateur, le mur aveugle oblitère la profondeur, quand du côté de l’usager fantôme, il impose symboliquement un repli sur soi, interdisant la relation à l’Autre. Les sculptures de Juan Muñoz impliquent la présence de l’homme ou son absence. Elles questionnent ses rapports à l’espace et mettent en jeu tour à tour la décontextualisation des objets et la présence de personnages puisés dans la littérature. « Ces installations questionnent de ce fait la validité des perceptions en jouant des distorsions d'échelle, de point de vue, de gravité. » Juan Muñoz intègre le spectateur dans l’espace de ses œuvres, faisant naître ainsi une relation à caractère psychologique. « J’essaie toujours de faire un art réaliste, peut-être rempli de reflets fantastiques. » Prenez soin de vous #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac#resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR21 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Nous avons déjà évoqué le #JOUR15 du confinement, comment, depuis la Renaissance, la notion de paysage s’est progressivement mise en place avec le tableau pensé comme une fenêtre et l’invention de la perspective. (À ce sujet et pour aller plus loin, lire « L´invention du paysage » (Paris, PUF, 2000) d’Anne Cauquelin). Nous avons également rapporté comment l’architecture a donné à la fenêtre le rôle du tableau, offrant, dans nos logements, un cadrage visuel sur l’espace extérieur, découpé dans le domaine de la nature, comme un moyen d’atteindre le paysage. Dans l’œuvre « Furniture Sculpture » (1990-1992) de l’artiste John Armleder, une banquette est encadrée de deux stores jouant le rôle de tableaux. La question suivante nous est posée : est-ce l’œuvre qui fait décor ou le décor qui fait œuvre ? . . John M Armleder Genève, 1948 – vit et travaille à Genève « Furniture Sculpture », 1990-1992 Stores métalliques à lamelles chromées, banquette recouverte de vinyle 256 x 692 x 60 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA Cette œuvre réalisée sur commande du Frac est une déclinaison de la « Furniture Sculpture 199 » (1988). La banquette est réalisée suivant des données standard, par un artisan du Bowery à Manhattan qui équipe des restaurants depuis des décennies. Elle est recouverte d’un vinyle au relief de peau de serpent, sélectionné par l’artiste dans le catalogue du même fournisseur. Son irisation argentée détermine le choix de l’aluminium poli qui recouvre le socle et celui des lamelles chromées du rideau. Ce dernier précise l’artiste « joue le rôle de tableau ». Reconnaissant à l’objet sa valeur picturale et à la peinture sa valeur d’objet, John Armleder déclare non sans humour « Mes peinturesfinissent souvent à côté d’un canapé ou au-dessus d’une cheminée chez le collectionneur ; à un moment donné j’ai donc décidé de fournir le tableau avec le canapé ». . Prenez soin de vous #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR22 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) . Thomas Ruff Zell am Harmersbach (République fédérale d’Allemagne), 1958 – vit et travaille à Düsseldorf « Haus N°3 I », 1988 Photographie couleur laminée sous Plexiglas 176 x 232,5 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Dans le sillage de la photographie objective documentaire de Bernd et Hilla Becher – dont il fut l’élève à l’académie des Beaux-arts de Düsseldorf –, Thomas Ruff interroge la capacité de ce medium à « reproduire le visible », un questionnement renforcé par l’inadéquation entre ce qui est photographié et la photographie elle-même (logements collectifs, usines isolées de leur contexte architectonique). « Haus n°3 I »présente une construction austère et dessine les prémisses d’une critique radicale de la cité moderne, dans laquelle serait exclue toute marque du privé. En ce sens, cette série de photographies de bâtiments, aux formes pures, tirées en grand format, de façon neutre, traitent aussi du conformisme, de l’indifférence, et de la négation de l’individu face à la neutralité collective. Dans le contexte actuel du confinement, cette œuvre pose aussi la question suivante : comment rester chez soi quand on est mal-logé ? . Prenez soin de vous #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR24 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Les intellectuels, les scientifiques et les experts de tous bords n’auront jamais été autant sollicités qu’en ce moment. Cette pandémie marque-t-elle leur retour en grâce après leur mise au ban ces dernières années ? Mais sauront-ils adapter leurs outils théoriques pour tenter de comprendre le monde qui s’annonce ? Dans la collection du Frac, l’œuvre « Sans titre » de Mattia Bonetti pourrait évoquer cette figure du chercheurconfiné. . Mattia Bonetti Lugano (Suisse), 1952 – vit et travaille à Paris « Sans titre », 1983 Photographie noir et blanc 41, 8 x 59,1 cm Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Connu pour son activité de designer, associé notamment avec Élizabeth Garouste de 1981 à 2001, Mattia Bonetti a également eu au début des années 1980, une pratique photographique. Il fabrique alors des figurines en terre ou en carton découpé, des fonds peints, des éléments de décor, qu’il assemble, éclaire et met en scène, avant de les photographier. Sur ces deux images, apparaît un petit personnage penché sur sa table de travail installée devant les rideaux d’une fenêtre. Il est saisi sous deux angles différents, de trois quarts sous une lumière douce, puis de profil, se détachant en ombre chinoise dans un fort contre-jour. On devine dans la seconde vue, émergeant de la pénombre, les rayonnages d’une bibliothèque, le sol est jonché de nombreux dessins représentant la même forme indistincte. Ces deux œuvres appartiennent à un ensemble qui illustrait le synopsis d’une nouvelle autobiographie intitulée Un labyrinthe en miniature, écrite à quatre mains avec un ami, publiée dans la revue d’art et de littérature Les Cahiers de l’énergumène. #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR25 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) La collection du Frac compte de grands noms de la photographie Américaine. Parmi eux, Lee Friedlander, né en 1934 à Aberdeen, dans l'État de Washington. Admirateur de Walker Evans, de Robert Franck, passionné de jazz, il réalise pour le mythique label Atlantic Records des portraits des grands jazzmen Africains-Américains qui coïncident avec les premiers grands succès de la musique noire. Dans les années 1960, le langage des images de Lee Friedlander se met en place. Dans un jeu formel de déconstruction et de juxtaposition, ses photographies « recomposent » des fragments accolés sans harmonie, témoins de l’organisation et de la saturation anarchiques de l’espace urbain. Vitrines, publicités, écrans, fenêtres, rétroviseurs, ombres, reflets sont autant d’éléments et d’effets qui lui servent à restituer la complexité des villes comme dans la photographie « New Orleans » datée de 1969. Pourquoi cet artiste et cette œuvre aujourd’hui ? En écho à deux articles parus dans Le Monde hier et aujourd’hui quidécrivent à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane et partout sur le territoire américain le « lourd tribut » payé par les Africains-Américains face à la pandémie. . Lee Friedlander Aberdeen (États-Unis), 1934 – vit et travaille à New York « New Orleans », 1969 27,8 x 37,2 cm Série Self Portrait Photographie noir et blanc Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA . Prenez soin de vous #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR35  LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE Dans la collection du Frac, l’œuvre de O. Winston Link, « Hot Shot Eastbound at Laeger », prise le 2 août 1956 aux États-Unis, donne à voir une certaine vision du progrès : une locomotive passe en bordure d’un cinéma en plein air. Les occupants des voitures, à travers le parebrise, regarde le film projeté sur grand écran, un avion s’y trouve au premier plan. 60 ans plus tard, le 29 juin 2018 précisément, le trafic aérien mondial enregistrait un nouveau record avec près de 202 000 avions qui sillonnaient les routes du ciel. Dans le quotidien Sud Ouest, un article daté du 18 avril 2020 relève que plusieurs villes françaises parient sur le retour en force du vélo à partir du déconfinement afin d’éviter la promiscuité des transports en commun. En Europe ou en Amérique du Nord, certaines grandes métropoles « ont déjà fait le choix de réaffecter de larges chaussées, ou des rues de quartier, aux piétons et aux cyclistes. (…) À Berlin, des pistes cyclables élargies ont été tracées dans plusieurs artères passantes. Dans le même esprit, quelques rues newyorkaises ont été fermées à la circulation automobile. » rapporte le même jour un article du Monde. Ces comportements et ces mesures sanitaires pour lutter contre la pandémie vont-ils contribuer durablement à redessiner l’urbanisme de demain et à changer de façon significative nos modes de déplacements qu’ils soient courts ou longs ? . O. Winston Link New York, 1914 – South Salem (États-Unis), 2001 « Hot Shot Eastbound at Laeger » 2 août 1956 Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA #culturecheznous #lesfracchezvous #chroniquedesfrac #resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR36 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) Dans le Quotidien de l’art daté du 20 avril 2020, on apprend la découverte, dans l’abri du Maras en Ardèche, d’une corde tissée il y a 40 000 ans attribuée à l’homme de Néandertal ce qui démontrerait des capacités cognitives particulières incluant des connaissances en botanique. Cette annonce se conclut sur l’hypothèse qu’il s’agirait du plus ancien témoignage d’une technologie textile. . Cette incroyable découverte résonne, dans le cadre de cette chronique, avec l’œuvre « Lascaux III, 1997 » de Thomas Hirschhorn, présente dans la collection du Frac. Inspirée par la célèbre grotte située en Dordogne, « Lascaux III » est une structure « pénétrable » faites de liteaux de bois, recouverte de plastique transparent avec des ouvertures et des fenêtres. L’œuvre se présente sous la forme d’une construction précaire faite de matériaux pauvres (film plastique, carton…). À l’intérieur, sont placardées des images récupérées dans des magazines spécialisés et des livres bon marché. Devant ces murs d’images, sont fixées des « stalactites » et des « stalagmites » en papier aluminium, et une trouée dans le plastique laisse place à un moniteur qui diffuse en boucle l’extrait d’un film animalier. Vitrine du réel et « du temps présent », cette œuvre dresse un état du monde et de ses représentations, en les mettant en perspective avec une époque antérieure et son propre système de représentation. Ce faisant, l’artiste pointe la profusion d’images, qui passent aussi vite qu’elles arrivent, ne se « fixant » pas de manière pérenne : une civilisation livrée aux flux, à l’éphémère, à l’amnésie ? Travaillant à partir des sources qui nourrissent notre conscience et notre imaginaire, Hirschhorn dresse une sorte d’« anti white cube », où les fragments, les accidents ou les impuretés ont droit de cité, dans un monde, indéniablement non aseptisé. . Thomas Hirschhorn Berne (Suisse), 1957 « Lascaux III », 1997 Collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA #culturecheznous #lesfracchezvous#chroniquedesfrac#resterchezsoi @platformfrac #Nationapprenante

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#JOUR38 LE MONDE VU PAR MA FENÊTRE (CHRONIQUE D'UNE COLLECTION PUBLIQUE) S’installer à la fenêtre et se souvenir des belles choses. Chaque année, l’arrivée des nouvelles acquisitions est un moment à part dans la vie du Frac. Les régisseurs les déballent et préviennent les membres de l’équipe qui accourent dans les réserves pour les regarder. Ce fut le cas le 18 septembre 2017. Les régisseurs étaient de retour au Frac après un long périple sur les routes françaises, le camion chargé d’une vingtaine d’œuvres nouvellement achetées qui venaient enrichir la collection. Parmi elles, se trouvaient deux pièces de l’artiste autrichien Lois Weinberger : « Garden » (1997-2017), une installation composée de journaux, de terre, de plante rudérale, d’un bac en plastique et d’un socle en bois et « Green Man » (2004) une photographie couleur visuellement très forte. Cet autoportrait de l’artiste, le visage recouvert de poudre verte et portant sous le nez un pétale de fleur comme un colifichet, est une des pièces les plus emblématiques de sa démarche. Lois Weinberger en forte méditation se pare des éléments significatifs que sont le vert et la feuille/fleur pour en faire une seconde peau, matérialisant la fusion nature/homme. Geste rituel, processus incantatoire, un peu comme un chaman cherchant à être l’intercesseur entre l’homme et les secrets de la nature. Depuis les années 1970, Lois Weinberger interroge notre environnement direct qu’il soit naturel ou remanié par l’homme. Il est l’un des artistes pionniers les plus engagés dans le questionnement des rapports entre l’art et la nature. Son travail poétique et politique d’une grande force, s’inspire notamment des plantes rudérales ou peu connues qui vivent dans l’espace urbain et rural et qui représentent un véritable écosystème, indispensable à l’équilibre des villes et des hommes. Mardi 21 avril 2020, Lois Weinberger est mort à l’âge de 72 ans. Comme le soulignait la journaliste Marine Vazoller dans le Quotidien de l’Art hier, « sa voix et ses réflexions tant écologiques que sociologiques auraient été d’une aide précieuse au sortir de cette période trouble." #lesfracchezvous #Nationapprenante @platformfrac #culturecheznous

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